Mix’Cités unit les quartiers

Depuis 2019, dans les quartiers périphériques de Limoges, l’association œuvre à rendre amicales et pacifiques les rencontres de football entre jeunes de quatre clubs.

Mounir Sissaoui est le seul salarié de l’association Mix’Cités. En dépit de son engagement total, il aimerait bien être épaulé par un deuxième agent de développement car pour un seul homme, il est difficile de se multiplier sur un territoire éclaté. En effet, sa mission couvre quatre ensembles, les quartiers de Beaubreuil, de La Bastide, Val de l’Aurens et Le Viginal. Ils sont près de 600 enfants à bénéficier dans l’action de l’association qui à sa création avait pour but de pacifier les relations entre les jeunes sur et hors des terrains de football. Mais aussi d’apaiser les rapports avec la police, le district et la Ligue, voire entre les dirigeants des clubs qui eux-mêmes parfois, perdaient le sens des réalités. « Il y a sept ans, il y avait des cars de police à chaque match. Aujourd’hui, il n’y en a plus et les institutions ne nous voient plus en commission de discipline. Le dialogue s’est instauré et si par exemple, nous avons besoin de matériel, nous avons de bons interlocuteurs.

Loin des vicissitudes du football professionnel, et même si il est difficile d’empêcher les gamins de penser que Karim Benzema a été écarté de l’équipe de France parce qu’il vient d’un quartier semblable au leur, le travail de Mounir consiste essentiellement à suivre les plus jeunes pour qu’ils deviennent des adultes responsables. « Nous utilisons le jeu et ses règles pour faire du social, par exemple par le biais de quizz sur l’arbitrage. Mais aussi nous organisons des matchs avec des équipes en milieu rural. » Limoges a beau être entourée de villages, les rapports avec les quartiers ont souvent pâtis de clichés qui ne facilitaient pas les échanges. « Quand le quartier jouait à 40 kilomètres de Limoges, on n’était pas forcément bien reçus. Mais l’inverse est vrai aussi. On a fait en sorte d’apprendre à s’accueillir mutuellement, en passant par des codes ordinaires de l’éducation, « bonjour », « merci ». En 2010, Mix’Cités est lauréat régional de l’appel à projet « Fais-nous rêver » et finaliste national. Une reconnaissance qui a certainement permis à Mounir Sissaoui d’asseoir et de faire valoir ses compétences.

L’association s’adresse prioritairement aux plus jeunes et fais désormais référence. «  Nous sommes un centre de ressources. La Ville nous aide mais uniquement financièrement, le reste provient du CNDS et malheureusement nous risquons de perdre le contrat adultes-relais qui devrait être supprimé. Pourtant nous sommes reconnus pour l’impact de notre travail sur la jeunesse. Par exemple, un club de rugby vient de m’appeler. Ils veulent eux aussi monter des actions par une initiation dans les quartiers et naturellement, ils passent par nous. » La raison est simple, Mix’Cités a permis de pouvoir réunir une fois par mois les présidents de clubs, et pratiquement de stopper tout acte de violence entre les clubs des différents quartiers. Concrètement, l’utilité de l’association n’est plus à démontrer. Il y quelques temps encore, à Beaubreuil, les enfants jouaient dehors et essuyaient les plaintes du voisinages ou du supermarché local qui ne souhaitait pas voir traîner les enfants. Grâce à une médiation, l’association a pu obtenir l’ouverture d’un gymnase pour faire jouer les gamins et 1 000 euros d’aide.

Cela ne résout pas le problème de financement de l’association qui inquiète légitimement Karim Mounir, pour les jeunes et pour lui-même, il est le seul salarié de Mix’Cités.

Propos recueillis par Olivier Villepreux

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