Action Basket Citoyen forme ses salariés

Après une expérimentation en 2007, l’association lyonnaise qui promeut la pratique du basket à l’école pour améliorer les résultats scolaires et dans les quartiers pour offrir une activité sportive in situ a su créer six emplois pérennes.

Jean Belmer, ancien dirigeant d’un club de basket à Villeurbanne et de la direction de l’urbanisme du Grand-Lyon s’est décidé dans les années 2000 à utiliser ses compétences pour créer Action basket citoyen. Il s’agissait, d’une part, d’amener dans quatre quartiers de la métropole lyonnaise des structures mobiles qui permettaient d’installer un terrain de jeu n’importe où dans la cité. Mais aussi, de drainer des jeunes vers les clubs. Mais en 2012 sur 2 500 jeunes inscrits pour jouer en extérieur autour du bus qui sert à déplacer le matériel de quartier en quartier, une cinquantaine seulement avaient intégré une association sportive. « Nous n’avions alors qu’un salarié possédant un Brevet d’Etat. Et un emploi-tremplin qui n’excéderait pas cinq ans. « On a commencé aux Minguettes et à Pierre-Bénite. Puis j’en ai parlé dans le cadre de la politique de la ville, et nous avons obtenu un financement, via les contrats urbains de cohésion sociale (CUCS), pour Vénissieux et le 8e arrondissement de Lyon. Au début, on faisait appel à nous pour de l’animation. »

A côté de ça une vingtaine d’éducateurs de basket bénévoles avaient du mal à trouver des créneaux libres dans leur agenda pour être présents au nombre de cinq par journée d’animation. Le succès sur le terrain ne se traduisant pas en licenciés, Jean Belmer a décidé d’impliquer l’association dans le périscolaire, dans chacun de ces mêmes quartiers. Son idée, faire jouer professeurs et enfants ensemble pour qu’ils apprennent à faire équipe ensemble. « Alors nous avons embauché un emploi-avenir, nous l’avons formé pour qu’il passe le Brevet d’Etat. Mais comme nous étions sur quatre quartiers, mais il nous fallait cinq salariés plus le responsable du bus. »

En 2006, l’association remporte le Prix « Fais-Nous Rêver » de l’Agence pour l’éducation par le sport. Les progrès des élèves de collège sont devenus manifestes et cette récompense fait connaître l’association au-delà de sa zone d’action.

« En 2010, poursuit Jean Belmer, j’ai pris un jeune diplômé en gestion et management du sport grâce à un « contrat unique d’insertion » et un « contrat emploi avenir » de deux ans. Le premier emploi était pérennisé, manquaient quatre emplois d’animateurs. En 2013 j’ai pu embaucher en CDI le deuxième salarié. » Par un effet de roulement, Jean Belmer réitère ses demandes d’aide à l’emploi pour faire travailler les jeunes animateurs, un en 2014, deux en 2015 et un en 2015. Outre ces contrats, Jean Belmer se débrouille pour financer ce qui reste par les actions scolaires par la politique de la ville, les centres sociaux. Surtout, il veille à la formation des jeunes qui assurent les animent les mercredis dans les quartiers et le week-end et le reste du temps font de l’assistance technique dans les clubs de basket locaux. Là ils entraînent une équipe de jeunes attirant ceux de la rue vers cette structure, ce qui permet de les suivre régulièrement.

« L’Agence pour l’éducation par le sport m’a surtout aidé pour aller frapper aux bonnes portes. Par exemple, lors du Forum Educaspsort qu’elle organisait à Lyon en 2015, elle nous a permis d’inviter la ministre Najat VallaudBelkacem à voir d’elle-même ce que nous faisions au collège Gabriel-Rosset avec lequel nous avons participé au « Défi collégien » de l’Agence. Et, là je vais être clair, je lui ai demandé des sous. Comme nous faisions ses activités gratuitement, je lui ai dit que j’espérais un financement de l’Education nationale. Aujourd’hui nous avons obtenu l’agrément du ministère, je dois finaliser ça rapidement. »

Mais le combat de Jean Belmer est un combat quotidien. Pour s’exonérer des politiques publiques dont les budgets baissent alors que le sien doit augmenter, il s’est tourné vers le privé où il trouvé une oreille attentive, « car les entreprises attendent beaucoup de nous par rapport à des gamins qui ont des problèmes de comportement. GRDF et la société SAUR apportent leur concours à Action basket citoyen et il s’est rapproché d’une association de PME de la région lyonnaise. « Pour qu’il y ait une demande, il faut les solliciter, mais aujourd’hui, grâce à notre bus que les gens voient tourner dans les rues et à notre notoriété acquise en partie grâce à l’Agence pour l’éducation par le sport, c’est un peu plus simple. » L’Agence permet aussi de gagner du temps et de l’énergie puisque dans ces multiples prospections en matière d’intégration professionnelle par le sport, Action basket citoyen est guidée vers des interlocuteurs qui connaissent la cause.

Propos recueillis par Olivier Villepreux

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