Unis vers le sport et ouverts aux entreprises

À Strasbourg, l’association Unis vers le sport soutenue dès ses débuts par l’Agence pour l’éducation par le sport a cherché et trouvé un modèle de développement qui lui permet de prétendre à l’autonomie financière.

À l’origine, l’association dirigée par Emmanuel Hantz s’était fixée pour objectifs, l’éducation, l’insertion sociale auprès d’enfants de différents quartiers de Strasbourg. Aide aux devoirs, activités de sport-loisir, actions solidaires, notamment dans les maisons de retraites, ou par une implication dans le tri des produits pour la banque alimentaire ont été le socle de ses actions. Elles se sont enrichies de partenariats avec l’association des traumatisés crâniens pour des activités communes.

Il existe également différents programmes au sein de l’association dans les quartiers strasbourgeois en liaison avec la municipalité et son dispositif Sport santé sur ordonnance, comme Sport Santé Nutrition. « Une étude récente a révélé que nous avions 30% de cas d’obésité en plus de la moyenne nationale, nous agissons sur les habitudes alimentaires. »

Surtout, Unis vers le sport possède cette spécificité d’organiser des actions de solidarité à l’international pour les enfants, en France, en Europe et pour les plus de 16 ans dans des pays plus lointains. « Ce ne sont pas des vacances, précise Emmanuel Hantz, nous travaillons concrètement sur des thèmes comme l’écologie, la construction ou rénovation d’école, l’agriculture. » En 2004, l’association est lauréate de l’appel à projet « Fais-Nous Rêver » de l’Agence pour l’éducation par le sport. C’est le début de son rapide développement. Dès 2008, avec l’Unesco, la construction d’une école et d’un terrain de basket a été entreprise à Sala au Mali. Elle accueille tous les six ans 50 enfants de 7 à 16 ans avant qu’ils entrent en apprentissage professionnel, le financement étant assuré par l’association. « Aujourd’hui, compte-tenu de la situation au Mali nous n’avons plus beaucoup de bénévoles. Pour envoyer moins d’argent, nous avons entrepris de faire des cultures, de blé notamment. » Mais d’autres solutions se sont créées en proposant des chantiers solidaires aux salariés d’entreprises sises à Strasbourg et partenaires. « De 18 à 70 ans, on a ouvert la possibilité de nous aider à des salariés d’Adidas et Décathlon et au grand public. » Ainsi une trentaine de personnes, de la caissière au cadre, sont partis avec l’association en immersion au Sri Lanka pour rénover une école. Adidas est un partenaire fidèle depuis 2008. Son aide est financière mais aussi la société propose du matériel de sport et surtout libère quatre heures par mois ses salariés pour travailler dans l’association, notamment en assurant l’aide aux devoirs, assister les éducateurs, ou faire découvrir une activité ponctuelle, golf, aviation etc. « A l’international, nous avions fait un essai au Sénégal, et il y avait plus de candidats que nous pouvions en accepter. Nous avons du procéder à un tirage au sort. Les salariés ne payant qu’un tiers du coût du voyage et du séjour, le reste étant assumé par l’entreprise. Le prochain voyage sera au Népal. Grâce à ces voyages nous tissons des relations très étroites avec les salariés d’Adidas et de Décathlon, elles sont directes, humaines et se prolongent au-delà des missions. L’impact en entreprise est très positif. Par ailleurs nous emmenons toujours avec nous un sportif. Les deux premiers étaient la judokate Gévrise Emane et l’escrimeuse Laura Flessel. Le succès de ces expériences nous a rapproché de la Fondation de l’UEFA qui veut dupliquer notre modèle au Mali dans d’autres pays.

A Strasbourg, l’association a huit salariés, chacun avec ses compétences propres. Il y a deux permanents au Mali. Dix personnes en service civique s’ajoutent à eux et quinze vacataires font des interventions dans les écoles de 2 à 4 heures par semaines.

Unis vers le sport n’est plus perçue comme une « simple» association qu’elle n’est plus. Elle touche environ 600 enfants régulièrement. Son budget se situe entre 450 et 500 000 euros. Ses revenus proviennent de la CAF, du Conseil général, de la ville mais aussi des actions périscolaires en tant que prestataire. L’association a également acheté un gite à Gerardmer, près d’un lac des Vosges qu’elle loue à des particuliers quand elle ne s’en sert pas. Adidas abonde largement par une opération de caisse qui propose à ses clients d’arrondir sa facture à l’euro supérieur pour que ces sommes aillent à l’association ; une manne importante. L’organisation des voyages à l’étranger rapportant également de l’argent, l’association est bénéficiaire. Emmanuel Hantz : « Nous voudrions à l’avenir moins dépendre des subventions publiques et des entreprises au cas où elles se désengageraient et gagner en autonomie. Il est évident qu’avec Adidas et Décathlon à nos côtés nous avons déclenché un effet boule de neige… » Un effet vertueux, pour les enfants, l’association et les salariés des entreprises concernées.

Propos recueillis par Olivier Villepreux

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